La disparition des réseaux 2G et 3G, annoncée entre fin 2025 et fin 2026 selon les opérateurs, place les copropriétés face à une échéance technologique qui ne tolère ni improvisation ni retard. Les téléalarmes d’ascenseurs, encore très nombreuses à s’appuyer sur ces anciennes infrastructures, risquent un silence radio le jour de l’extinction. Entre sécurité des usagers, conformité réglementaire et budgets à calibrer, la transition vers des solutions 4G/VoLTE ou IP exige un pilotage méthodique et des arbitrages rapides. Quels impacts, quelles options et quel calendrier opérationnel pour garantir la continuité de service ?
Fin des réseaux 2G/3G en 2026 : impacts concrets sur les téléalarmes d’ascenseurs
Dès l’arrêt des réseaux 2G/3G, les téléalarmes d’ascenseurs équipées de modems GSM d’ancienne génération cessent d’émettre. Les appels de secours ne partent plus, la télésurveillance ne reçoit aucune remontée d’alarme et le contrôle périodique automatisé impose la mise hors service des cabines si la liaison est défaillante, conformément à EN 81-28. Le parc français compte encore plus de 290 000 boîtiers à mettre à niveau ; la mobilisation des syndics et des mainteneurs doit donc être immédiate.
- 🛎️ Risque sécurité : appel d’urgence muet, passager bloqué sans liaison vocale.
- 📜 Risque réglementaire : EN 81-28 exige une connexion fiable et testée ; défaut = non-conformité.
- ⏳ Risque d’immobilisation : arrêt préventif possible si la téléalarme ne répond pas.
- 🏢 Risque copropriété : décisions à voter en AG dès la prochaine séance, avant l’extinction.
Les pouvoirs publics ont signalé l’enjeu : la ministre chargée du Logement, Valérie Létard, a appelé à la mise à niveau du parc pour éviter tout vide de sécurité. Les syndics doivent inscrire rapidement le sujet à l’ordre du jour.
| 📶 Opérateur | 📡 Réseau | 🗓️ Échéance annoncée | ⚠️ Conséquence pour les ascenseurs |
|---|---|---|---|
| Orange | 2G/3G | Fin 2025 | Arrêt des boîtiers 2G/3G non compatibles 4G/VoLTE 🚫 |
| SFR | 2G/3G | Fin 2026 | Perte d’appel de secours si non migré vers 4G/VoLTE 📵 |
| Bouygues Telecom | 2G/3G | Fin 2026 | Inopérance des téléalarmes GSM anciennes générations 🛑 |
Ce qui se passe techniquement le “jour J”
La voix sur 2G/3G n’étant plus disponible, un boîtier qui ne sait pas gérer la VoLTE (Voice over LTE) ne “décroche” plus la centrale de secours. Le simple “badge 4G” ne suffit pas toujours : sans VoLTE certifiée, pas de voix sur 4G. Les solutions de secours doivent donc intégrer la compatibilité VoLTE, une alimentation secourue et des tests automatiques.
- 📗 À vérifier : firmware VoLTE, carte SIM M2M, antenne adaptée à la gaine.
- 🔋 Autonomie : batterie tampon pour maintenir l’appel en cas de coupure électrique.
- 🔁 Auto-tests : appels périodiques vers la centrale, journaux horodatés.
Un dispositif non migré ne se dégrade pas “progressivement” : il s’arrête net à l’extinction réseau. Anticiper évite l’immobilisation.

La norme EN 81-28 impose une communication bidirectionnelle fiable et testée automatiquement pour les téléalarmes d’ascenseurs, avec une disponibilité 24/7.
Plan d’action 2025-2026 pour les syndics et conseils syndicaux
Une feuille de route claire permet de sécuriser la transition sans rupture de service. L’exemple de la “Résidence Les Tilleuls” (120 lots, deux appareils) illustre une démarche réaliste en six semaines, depuis l’audit jusqu’à la mise à jour des contrats.
- 🧭 Étape 1 — Audit : relever marque/année du boîtier, présence VoLTE, force du signal dans la gaine.
- 📝 Étape 2 — Devis : solliciter 2-3 offres (migration 4G/VoLTE, IP filaire, passerelle multi-opérateurs).
- 📌 Étape 3 — AG : voter travaux, budget et délégation au syndic pour signature rapide.
- 🛠️ Étape 4 — Installation : planifier hors heures de pointe, tests bi-directionnels, sauvegarde de config.
- 🧪 Étape 5 — Recette : essais d’appel réel, test d’autonomie batterie, vérification journaux.
- 📂 Étape 6 — Contrats : avenants maintenance, SLA téléassistance 24/7, reporting trimestriel.
Cas d’école : “Les Tilleuls”, deux cabines à moderniser
Premier constat : des boîtiers 3G installés en 2016. Le mainteneur propose une carte 4G mais sans VoLTE. Le syndic exige alors une passerelle VoLTE certifiée avec antenne déportée et carte M2M multi-opérateurs. Résultat : installation en une demi-journée par cabine, essais réussis, et baisse des alarmes intempestives grâce à une meilleure réception.
- 💡 Astuce : grouper les interventions réduit les frais de déplacement de 15 à 25 %.
- 🧷 Back-up : conserver l’ancienne carte SIM quelques jours pour bascule sereine.
Clé de voûte du projet : un vote anticipé qui laisse une marge avant l’extinction, évitant le pic de demande à la dernière minute.
La technologie VoLTE (Voice over LTE) permet de passer des appels vocaux sur le réseau 4G, assurant ainsi une meilleure qualité sonore et une connectivité plus rapide que les réseaux 2G ou 3G.
Solutions techniques pour remplacer la 2G/3G : VoLTE, IP, double acheminement
Plusieurs architectures répondent aux exigences de EN 81-28 tout en restant compatibles avec les grands fabricants (Otis, Schindler, Thyssenkrupp, KONE, Orona, Sodimas, Toshiba Ascenseurs, Mitsubishi Electric, IGV Ascenseurs) et les intégrateurs techniques comme Siemens pour la gestion du bâtiment.
- 📞 Module 4G/VoLTE : remplace le modem 2G/3G, voix sur LTE, SIM M2M, antenne adaptée.
- 🌐 Passerelle IP : boîtier de téléalarme en SIP/VoIP via réseau de l’immeuble, avec secours 4G.
- 🔁 Dual-path : acheminement principal IP + secours 4G/VoLTE pour une disponibilité élevée.
- 📦 Kit constructeur : solutions packagées proposées par les mainteneurs pour parcs Otis/KONE/etc.
| 🧩 Solution | 🔎 Principe | 💶 Budget indicatif | ✅ Atouts | ⚠️ Vigilance | 🏷️ Compatibilité (exemples) |
|---|---|---|---|---|---|
| 4G/VoLTE “standalone” | Remplacement du modem par un module VoLTE | 450–900 € HT/boîtier | Installation rapide ⏱️, faible câblage | Vérifier support VoLTE et batterie 🔋 | Otis, Schindler, KONE, Thyssenkrupp |
| Passerelle IP + 4G secours | SIP/VoIP via LAN, bascule 4G | 800–1 600 € HT/boîtier | Haute disponibilité 🔁, supervision fine | Qualité réseau local et VLAN 🔐 | Orona, Sodimas, IGV Ascenseurs, Siemens |
| Kit constructeur “prêt à poser” | Solution propriétaire validée par le mainteneur | 1 200–2 000 € HT/appareil | Compatibilité garantie 🛡️, SAV simplifié | Coût supérieur, verrou fournisseur 🔧 | Toshiba Ascenseurs, Mitsubishi Electric |
Normes et obligations : ce que la loi et les contrats imposent
EN 81-28 requiert une communication bidirectionnelle fiable, testée automatiquement, avec disponibilité 24/7. Les copropriétés doivent exiger des SLA précis auprès de la centrale de réception d’alarme et des mainteneurs, et documenter les essais dans le carnet d’entretien. Des informations utiles sont disponibles sur ARCEP et le portail service-public.fr.
- 🕘 Tests périodiques : planifiés et tracés, avec remontée d’échec.
- 📄 Avenants : intégrer VoLTE/IP, délais d’intervention, pénalités.
- 🧰 Maintenance : remplacement de batterie et contrôle antenne semestriels.
L’exigence de service continu pousse à préférer les architectures à double chemin, gage de résilience en milieu urbain dense.
Mutualiser les besoins entre copropriétés d’un même quartier peut réduire les coûts de mise à niveau des systèmes de téléalarme jusqu’à 20 %.
Budgets, achats et négociation avec les mainteneurs : sécuriser le coût global
Le coût dépend de l’architecture retenue, de la facilité d’accès à la gaine et du parc (effet volume). Une négociation structurée avec le mainteneur et l’opérateur de téléassistance permet d’arbitrer entre investissement initial et frais récurrents (cartes SIM M2M, supervision, SAV).
- 💰 Ordres de grandeur : 450 à 2 000 € HT par appareil selon la solution choisie, hors abonnement.
- 📉 Levier volume : mutualiser entre copropriétés d’un même quartier pour -20 % en moyenne.
- 🧾 Contrats : clarifier qui fournit la SIM, qui supervise, et le délai d’intervention garanti.
- 🏦 Financement : étaler sur 2 exercices, mobiliser le fonds travaux, prioriser les sites sensibles.
- 🧪 Recette : exiger un procès-verbal de tests avec captures des auto-tests et appels réels.
Un cahier des charges centré sur la VoLTE certifiée, la redondance et la traçabilité limite le risque d’achat “à court terme” et protège la copropriété sur 7 à 10 ans.
Objectif final : éviter toute rupture de service le jour de l’extinction, tout en négociant un coût global équilibré sur la durée de vie de l’équipement.









